Le bonheur absolu laisse place aux confusions. J'erre dans cette chambre inconnue depuis cet abandon, parcours de mes mains, de mes sens, ces draps, ce nid où le désir a pris naissance. Alors je redessine ces silhouettes charnues, repeins ces peaux dévêtues, entre ces murs se ravivent les étreintes, corps enlacés tendrement embrassés qui étouffent les cruelles plaintes; celles qu'en cet instant je tais parmi mes secrets, celles qui font mon esprit s'évader de ce corps emprisonné, celles qui me feraient le carreau de la fenêtre casser; alors tourbillonantes de toi elles m'auraient rapproché. Tant de choses que je cache, je ne peux en parler, depuis ce jour je voudrais qu'on arrache mon coeur pour qu'il cesse de pleurer. Je souffre du passé, j'ai du mal à me retourner, a regarder devant, en face d'un monde riant. Si tu pouvais voir ton reflet dans mes yeux tu verrais que rien ne te rendrait plus heureux, que quelques moments passés tous les deux. C'est au-delà d'un mur, plus ferme que l'acier, que s'abritent brûlures douleurs et c½ur crispé. A chaque fois que je te regarde j'éprouve au fond, tout au fond de moi, un mal que je ne peux expliquer et qui me garde la place vide qu'il y a dans mon coeur froid. A chaque fois que tu me vois, j'éprouve dans un coin de mon coeur, une flamme incandescente qui se noie et qui reflète tout le reste de mon bonheur. Mon bonheur, qui se résume en une chose et qui n'a nul besoin d'être répété, peut se révéler en une prose qui s'appelle le verbe aimer.